Alain Bernard le Phénoménal

Des débuts en conditions …

Alain Bernard à Aubagne
Alain Bernard à Aubagne
Alain Bernard naît à Aubagne, dans le sud de la France, en 1983 Il apprend très jeune à nager à partir de 6 ans au sein du club d’Aubagne où il y restera jusqu’à ses seize ans. Il se spécialise jusque là surtout en dos et en quatre nages. Son rêve serait alors de se qualifier pour les JO de 2004 à Athènes. Il déménage en 2000 à Marseille pour intégrer le CNM afin de progresser. Il y rencontre Denis Auguin qui restera son entraîneur durant toute sa carrière. C’est lui qui aiguillera Alain vers la Nage Libre et notamment le sprint.
Sa nette progression est malheureusement géné par une mononucléose et une toxoplasmose quelques mois avant les JO d’Athènes. Il échouera à se qualifier pour ces Olympiades, alors qu’il fit pourtant bonne figure lors des championnats de France sur les 50 et 100m NL. Il se consolera en fin d’année avec son premier titre continental lors des championnats d’Europe en petit bassin à Vienne (Autriche) sur le relais 4x50m NL en compagnie de David Maitre, Romain Barnier et de Frédérick Bousquet. L’année suivante, il manquera de peu de se qualifier pour les Mondiaux 2005 de Montreal, faisant front à une concurrence de plus en plus rude au niveau des sprinters Français comme avec Fred Bousquet ou encore Amaury Leveaux qui arrivent à maturité.

Bernard en relais
Bernard en relais
En bonne figure en relais
Il se contente encore une fois d’une médaille d’argent en relais lors de l’Euro 2005 en petit bassin à Trieste en Italie sur le 4x50m avec cette fois Julien Sicot, David Maitre et Frédérick Bousquet. Il peine encore à monter sur le podium en individuel, bien qu’il se qualifie pour la première fois sur les 50 et 100m NL à l’Euro 2006 à Budapest. Lors de ces éditions, c’est encore une médaille en relais qu’il remporte, le bronze cette fois sur le 4x100m NL avec Fabien Gilot, Amaury Leveaux et Fred Bousquet. Mais c’est enfin à l’Euro en petit bassin à Helsinki qu’il inaugure son compteur de médailles internationales en individuel: le bronze sur le 100m NL devancé par l’Italien Filippo Magnini et le Suédois Stefan Nystrand. Les sprinteurs français ont toujours le vent en poupe en décrochant une nouvelle médaille d’argent au 4x50m NL composé bien d’entendu d’Alain Bernard mais aussi de Bousquet, Sicot et Maître.
Au tournant de l’année 2007, souhaitant suivre son coach Denis Auguin en conflit avec les autres entraîneurs du Cercle des Nageurs de Marseille, change de club et se retrouve désormais au sein du Cercle des nageurs d’Antibes

Les premiers succès en individuel

Relais à Melbourne 2007
Relais à Melbourne 2007
Les Mondiaux de Melbourne en 2007 s’annonce sous les meilleurs hospices pour Alain Bernard. Il bat le record de France du 100m NL en 48s 97 et signe le meilleur chrono mondial de l’année lors d’un meeting de préparation. Il entame bien ces championnats du monde en décrochant sa première médaille en grand bassin avec ses accolytes du relais 4x100m NL (Gilot, Sicot et Bousquet) avec le bronze, tout juste accroché par l’Italie de Filippo Magnini pour la deuxième place. Il sera finalement très déçu sur le plan individuel lorsqu’il échouera pour deux centièmes aussi bien la finale du 100m mais aussi du 50m NL.

Alain se dit que malgré tout, ses performances en dessous des 49 secondes sur le 100m NL se font de plus en plus fréquentes et que vu ses prestations des mois suivants, il n’est plus très loin des records mondiaus historiques de Popov sur le 50m NL et de Pieter Van Den Hoogenband sur le 100m NL. 2007 qui se concluera enfin par son premier titre européen en petit bassin à Debrecen sur le 100m NL devant le Suédois Nystrand et l’Italien Magnini. Il se contentera du bronze au 50m NL dominé par le même Suédois Stefan Nystrand et de l’argent avec le Relais 4x50m NL abonné aux podiums avec Antoine Galavtine, David Maitre et Amaury Leveaux devant … L’équipe Suédoise de la bête noire Nystrand !

Record du monde battu !
Record du monde battu !
Vive la combinaison en Polyuréthane !
2008 est une année olympique marquée par un changement notable dans le monde de la natation: l’arrivée des combinaisons de natation en polyuréthane avec notamment la LZR Racer de Speedo qui auront un impact plus que significatif sur les épreuves de sprint où rien que quelques centièmes gagnés peuvent faire gagner un nombre conséquent de place. Le 21 mars, Alain Bernard bat lors de la demi-finale de l’Euro disputé à Eindhoven (Pays-Bas), le record du monde du 100 mètres nage libre en 47 s 60, améliorant de 24 centièmes le temps de référence que Van Den Hoogenband avait réalisé lors des jeux de Sydney en 2000, le battant de nouveau le lendemain lors de la finale en l’améliorant d’un dixième en 47s 50, remportant du coup son premier titre individuel international en grand bassin. Performance d’autant plus symbolique qu’elle a lieu dans la piscine ou « VDH » avait l’habitude de s’entraîner. Le jour d’après c’est au tour du record du monde du 50m NL d’être battu, toujours par le phénoménal Alain Bernard avec sa combinaison LZR Racer de Speedo en 21s 50, décrochant du même coup son deuxième titre européen. Mais c’est sans compter que ce record mondial du 50m NL sera battu par Eamon Sullivan lors des championnats australiens, qui sera lui même battu par Amaury Leveaux quelques temps plus tard lors des championnats de France …

La consécration à Pékin

L'or Olympique sur le 100m NL
L’or Olympique sur le 100m NL
Alain Bernard est donc bien évidemment le sprinteur le plus attendu lors des JO de Pekin, et vu la pléaiade de sprinteurs français en puissance, tout laisse à penser que le relais 4x100m NL a un gros coup à jouer. Mais c’est finalement une très grande frustration que connaitra le relais français, étant encore en tête à 50m de l’arrivée, le duel entre Bernard et l’Américain Jason Lezak tourne à l’avantage de ce dernier, devançant l’équipe de France que de 8 centièmes ! Mais c’est tout de même une médaille d’argent olympique bonne à prendre !
Rebondissant à cette relative déception, Alain récupère son record du monde du 100m NL deux jours plus tard lors de la demie finale, record qui ne tiendra que 4 minutes, vu qu’il sera battu à nouveau par l’Australien Eamon Sullivan lors de la deuxième demie finale en 47s 05. Le lendemain, pour la finale, le duel entre Alain Bernard et l’Australien Eamon Sullivan a bien lieu et c’est l’Australien qui prend l’avantage au 50 m (22s 48 contre 22s 53) avant que le Français ne produise son effort et termine la course premier à la touche. Sullivan termine 2e à onze centièmes de Bernard (47 s 32 contre 47 s 21). Ce dernier devient donc le premier champion olympique français sur 100 mètres nage libre. Le 4ème nageur Français après Charles de Vendeville en 1900, Jean Boiteux en 1952 et Laure Manaudou à Athènes 4 ans auparavant. Il retrouvera son grand rival Eamon Sullivan lors de la finale du 50m NL quelques jours plus tard, avec son compatriote Amaury Leveaux cette fois-ci. Alain Bernard décroche une nouvelle médaille, en bronze cette fois-ci en terminant 3e de la finale juste derrière le Brésilien César Cielo et Amaury Leveaux second. Bernard égale en conséquent le total de trois médailles chacune d’un métal différent de Laure Manaudou à Athènes acquises lors d’une seule et même Olympiade.
À l’issue d’une année qui marqua son apogée, Alain Bernard est consacré Champion des champions français par le journal L’Équipe devant l’Équipe de France de handball masculin et le pilote de rallye Sébastien Loeb. Il est aussi désigné avec la spécialiste britannique du 400 mètres nage libre Rebecca Adlington, Nageur européen de l’année par la Ligue européenne de natation.

Début des déceptions
Début des déceptions
Des confirmations en dent de scie
Les Championnats de France en 2009 voit Alain Bernard devenir le premier nageur à passer sous les 47 secondes sur le 100m, mais il s’agit d’un record du monde qui ne sera pas validé, vu que la combinaison qu’il portait à cette occasion, la X-Glide d’Arena, n’était pas homologué par la FINA … Tout un roman ! C’est en grand favori qu’il se présente aux Mondiaux de Rome quelques mois après, mais à cause d’une prestation qu’il juge ratée, il fait louper le titre du Relais 4x100m NL à son équipe qui était pourtant un prétendant très sérieux à la médaille d’or. Relativisant à nouveau ce semi-échec, il se remobilise et devient quelques jours plus tard vice-champion du monde du 100m, battu par le Brésilien César Cielo qui devient lui offciellement le premier nageur à passer sous les 47 secondes.

Commençant l’Euro 2010 à Budapest par une médaille d’argent avec le relais 4x100m NL dont il se sent responsable de « cet échec »: en effet, l’équipe Russe ne les devançait que d’une seconde. Il retrouve tout de même son titre européen sur le 100m NL sans impressionner en 48s 49, étant donné que depuis le début de l’année, les combinaisons en polyuréthane sont interdites et que les temps sont bien loins des records du monde établis l’année précédente, mais échoue à se qualifier pour la finale du 50m NL établissant pourtant le 4ème meilleur chrono, à cause d’une affaire de quota: deux Français (Bousquet et Gilot) étaient devant lui et qu’il ne peut y avoir que deux nageurs d’une même nationalité qualifiés en finale. Il terminera l’année avec un seul titre de Champion du Monde en petit bassin en relais à Dubaï sur le 4x100m NL avec Bousquet, Gilot et Agnel.

Le début de la fin …

Les  qualifications ratées
Les qualifications ratées
Il accumulera par la suite maintes déceptions, comme si ses succès connus jusque là n’étaient redevables uniquement des combinaisons désormais interdites. Il échoue à se qualifier pour sa distance fétiche, le 100m, pour les Mondiaux de Shanghaï en 2011. Il arrache tout de même la médaille de bronze à la surprise générale sur le 50m NL devancé par Cielo et l’Italien Luca Dotto. Il se console aussi avec la médaille d’argent du relais 4x100m NL où on l’accuse pour la enième fois d’avoir un niveau en deça en relais par rapport à ce qu’il vaut en individuel, vu qu’il arrivera encore quelques mois plus tard à réaliser la meilleure performance mondiale de l’année en petit bassin sur le 50m NL.
L’Euro 2012 à Debrecen sera salutaire pour Bernard vu qu’il y remportera sa dernière médaille individuel avec l’argent au 100m NL dominé par l’Italien Magnini et clin d’oeil au destin c’est au cours de son dernier Euro qu’il contribuera avec l’équipe du relais 4x100m NL composé de Leveaux, Stravius et Bousquet au premier titre continental de la France sur cette épreuve depuis 50 ans.
Il ne réussira pourtant pas à se qualifier l’année suivante sur une épreuve en individuelle pour les JO de Londres où il ne pourra pas défendre son titre sur le 100m NL. Il voit l’émergence de jeunes sprinters tels que Yannick Agnel ou Florent Manaudou lui barrer la route. Il est retenu cependant pour participer au relais 4x100m NL au cours de ces Jeux qui se voit décerner la médaille d’or. Alain Bernard la décroche également, n’ayant pas nagé la finale mais pour sa participation aux séries. Il annonce sa retraite sportive à l’issue de ces Olympiades, lui qui possède l’un des plus beaux palmarès du sport français, avec deux titres olympiques notamment.

Désormais entraîneur
Désormais entraîneur
Finis les bassins !
Sa retraite amorcée, il opère une reconversion délicate. Dans un premier temps consultant TV pour les épreuves internationales de Natation, il se lance dans un business de salle de sport qui virera au fiasco, sans compter qu’il aurait bien pu trouver la mort lors du tournage de l’émission de TF1 Dropped qui n’épargnera malheureusement pas son homologue également retraitée des bassins Camille Muffat. Au bord du gouffre, il mit également fin à sa relation avec Coralie Balmy. Il refait surface en devenant entraîneur au sein du club de son coeur, Antibes. Avec le changement de présidence au niveau de la FFN en 2017, il intègre le comité directeur de l’instance nationale.

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