Yannick Agnel « L’intello »

Des débuts déjà décisifs

Un jeune nageur plein de promesse
Un jeune nageur plein de promesse
Yannick Agnel naît le 9 juin 1992 à Nîmes. Son prénom est choisi en hommage au Tennisman Yannick Noah. C’est dans sa ville natale qu’il commence la natation au sein du Nautic Club Nîmois, à l’âge de huit ans, après avoir auparavant essayé le tennis. En 2006, le nageur rejoint Nice et son club de l’Olympic Nice Natation.
C’est en 2009 aux Championnats de France à Montpellier qu’on entend parler pour la première fois du jeune nageur de 16 ans qui nageait alors avec son simple maillot de bain, alors que ces editions furent marqués par de multiples records du monde battus grâce surtout aux combinaisons en polyurétane déjà évoqués dans un précédent épisode. Yannick est toutefois handicapé par ce choix, n’arrivant pas en final du 200m NL mais décrochant tout de même son premier titre national au relais 4x200m NL avec ses co-équipiers du club niçois. Sur la scène international, c’est à l’Euro Juniors à Prague la même années qu’il apparait avec 3 titres glanés sur les 200, 400m NL et 4x200m NL, mais avec un pantalon en polyurétane cette fois-ci pour mettre toutes ses chances de son côté ainsi que l’argent au 4x100m NL.
L’année suivante, Yannick obtient un baccalauréat scientifique avec mention bien juste après avoir affronté l’Américain Michael Phelps sur 200m NL lors de l’Open de Paris

Des débuts tonitruants
Des débuts tonitruants
Dans la cour des grands
Il confirmera sa forme du moment lors de l’Euro Junior à Helsinki où il réalise un triplé historique sur les 100-200-400 m nage libre que seuls « VDH » et l’Italien Massimiliano Rosolino étaient parvenus à réaliser avant lui. De très bonne augure pour entrer dans la cour des grands avec l’Euro séniors se tenant à Budapest quelques semaines plus tard où il remporte le 200m NL avec l’exploit de devancer le Champion du Monde en titre de la distance, l’Allemand Paul Biedermann. Il devient le troisième champion d’Europe français de l’épreuve après Jean Taris, sacré en 1934, et Alex Jany, titré en 1947 et 1950. Biedermann se vengera au relais 4x200m NL, puisque l’Allemagne passera devant la France, finissant à la 3ème position. Yannick Agnel décrochera également l’argent au relais 4×100m nage libre pourtant favori de l’épreuve mais marqué par la défaillance du dernier relayeur Alain Bernard.

Il aborde en 2011 ses premiers championnats du monde à Shanghai mais avec une préparation mise à mal par une pneumopathie avec staphylocoque. Il ne fera pas mieux que 5ème au 200m NL, dans une course où 5 nageurs passent sous la barrière des 1 min 45, notamment le champion du monde Ryan Lochte et les médaillés Michael Phelps et Paul Biedermann. Au 400m NL, ce n’est que la 6ème place qu’il obtiendra. Il se consolera tout de même avec une médaille d’argent au 4x200m NL avec ses compatriotes Fabien Gilot, Grégory Mallet et Jérémy Stravius, devancé en finale par le relais américain emmené par Ryan Lochte et Michael Phelps.

La Classe Mondiale

Au sommet
Au sommet
Sa motivation sera grande pour les JO de Londres en 2012, puisqu’il ambitionne d’être titré sur le 100m comme Outsider et sur le 200 mètres NL où il se présente en favori, laissant par contre de côté le 400 mètres nage libre, vu la concurrence trop élevée des Asiatiques Park et Sun Yang.

En attendant les épreuves individuelles, il devient tout d’abord champion olympique en remportant le relais 4 × 100 mètres nage libre avec ses coéquipiers Amaury Leveaux, Fabien Gilot et Clément Lefert. Il est le dernier à s’élancer et réalise un 100m d’anthologie pour passer in extremis devant l’équipe américaine de Lochte et de Phelps qui dominaient toute la course. Le lendemain les médias américains sont unanimes concernant Agnel, l’USA Today le considérant comme « le nouveau vilain de l’Amérique ». Il confirme ensuite sur le 200m NL au terme d’une course dominée de bout en bout en remportant la médaille d’or devançant de près de deux secondes le Sud-Coréen Park et le Chinois Sun Yang. Il devient le cinquième champion olympique français en individuel rejoignant Jean Boiteux en 1952, Laure Manaudou en 2004, Alain Bernard en 2008 et sa compaire d’entrainement Camille Muffat sacrée la veille sur 400 mètres nage libre. Agnel remporte la médaille d’argent du relais 4 × 200 mètres NL avec ses coéquipiers Amaury Leveaux, Grégory Mallet et Clément Lefert derrière les Etats Unis. Mais il ne parvient pas à enchaîner lors de son ultime épreuve de ces Olympiades, au 100m NL où il échoue au pied du podium à seulement 4 centième de la 3ème place dans une course remportée par l’Américain Nathan Adrian.
Grâce à ses performances durant l’année 2012, il est désigné nageur européen de l’année avec 48,5 % des voix. Il devance le Hongrois Daniel Gyurta et Florent Manaudou.

Néo "Etats-Uniens"
Néo « Etats-Uniens »
Le Grand Départ pour les Etats-Unis
2013 marque le grand départ de Yannick du club de Nice et de sa séparation de son entraîneur Fabrice Pellerin pour partir aux Etats Unis pour rejoindre Bob Bowman, qui n’est autre que l’entraîneur du recordman des titres mondiaux et olympiques: Michael Phelps. C’est au sein de cet nouvel encadrement qu’il entame avec un état de forme mitigé les Mondiaux de Barcelone. Assurant son standing en remportant son premier titre mondial sur son épreuve fétiche le 200m NL et un autre titre au relais 4 × 100 m nage libre, avec ses coéquipiers Fabien Gilot, Florent Manaudou et Jérémy Stravius. Par contre, sa prestation moyenne au relais 4x200m NL fera échouer l’équipe de France au pied du podium.
Yannick Agnel souhaite avec son nouvel entraineur Bob Bowman découvrir de nouvelles méthodes d’entraînement avec l’objectif de devenir le premier nageur depuis Ian Thorpe à être compétitif du 100 au 400 mètres nage libre pour les prochains Jeux olympiques de Rio en 2016. Il souhait aussi apaiser les tensions avec son ancien entraineur niçois Fabrice Pellerin nées de la séparation avec ce dernier.

Les premières déceptions

Premières défaites
Premières défaites
L’Euro 2014 à Berlin est le premier test de cette nouvelle méthode d’entraînement, où le nageur décide de se concentrer sur le 200 et 400 mètres nage libre, mais il est éliminé du 400m dès les séries et obtient poussivement une médaille de bronze sur le 200m NL devancé par le Serbe Velimir Stjepanović et son rival allemand Paul Biedermann. Agnel et ses coéquipiers du 4x200m NL Lorys Bourelly, Jérémy Stravius et Clément Mignon échouent à la 4ème position.
Yannick explique que ses relatives contre-performances à Berlin sont surtout dues à une difficulté d’adaptation à la méthode d’entrainement américaine très lourde et différente de ce à quoi il était habitué à Nice. Avec l’appui de Bob Bowman, il décide de revenir s’entraîner en France sous la houlette de Lionel Horter au sein du club de Mulhouse Olympic Natation avec toujours l’objectif du triplé 100-200-400 mètres NL aux Jeux de Rio en 2016 dans le coin de sa tête qui en fait sa principale source de motivation qui lui permet de se lever très tôt tous les matins.

La débandade à Rio
La débandade à Rio
Une fin sur la faim
Par contre, les deux années suivantes seront nettement moins reluisantes. Il renonce tout d’abord aux Mondiaux de Kazan durant l’été 2015 à cause d’une pleurasie dont il est atteint. Il ne parviendra pas à retrouver le niveau qui était le sien à Londres 4 ans auparavant afin de briller aux JO de Rio en 2016 où il ne sera plus que l’ombre de lui même. Il prit sa retraite sportive dans la foulée. Yannick expliqua que les 3 dernières années de sa carrière furent extrêmement compliquées. Lui qui fut l’un des rares nageurs de très haut niveau à prendre du plaisir à aller s’entraîner plusieurs heures par jour ne parvint finalement plus à percevoir cela comme une distraction. Faute notamment à son départ pour les Etats Unis en 2013 d’un environnement à Nice, un club et un entraîneur notamment qui avait fait de lui le champion qu’on a connu. Mais aussi de la mort tragique de sa soeur spirituelle et sa meilleure amie Camille Muffat lors d’un accident d’hélicoptère, déjà racontée dans l’épisode lui rendant hommage.

Agnel en bref …

Un nageur atypique
Un nageur atypique
En bref, Agnel fut depuis l’Australien Ian Thorpe, le seul nageur capable d’être performant du 100 au 400 mètres nage libre. Pour expliquer cette compétence exceptionnelle,Yannick est doté d’un physique qui, bien que très différent des standards de la natation moderne et souvent pointé par les médias comme « atypique », n’en représente pas moins un avantage sur la concurrence, son physique filiforme lui donne une meilleure pénétration dans l’eau. Très grand et longiligne et à l’allure parfois frêle, Agnel possède un corps taillé pour la glisse dans l’eau avec des bras très longs lui donnant une envergure de 2,10 m (il mesure 2,02 m) et une pointure de 50, faisant de ses pieds de bons propulseurs. Yannick Agnel était considéré par bon nombre d’observateur comme l’un des meilleurs représentants de la technique de nage appelée « early vertical forearm » consistant à plier le coude le plus tôt possible dans un cycle de nage afin de garder le coude le plus haut possible durant le mouvement sous-marin du bras réduisant ainsi la poussée arrière de l’eau. Garder le coude haut permettait à Agnel de maintenir la moitié supérieure du bras parallèle à la surface le plus longtemps possible rendant l’hydrodynamisme bien meilleur. Bob Bowman n’hésitait pas à comparer Agnel à son meilleur élève Phelps, surtout grâce à ses capacités mentales et son approche de la compétition.
Yannick a par ailleurs l’authenticité de citer pour passions la politique, la littérature, la musique, la philosophie tout en apprennant le russe. On le surnomme le « Nageur Intello », bien que certains disent que c’est simplement une image de lui colportée par les médias, comme Amaury Leveaux le précisait dans son Livre « Sex, Drogue et Natation ».

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